Synopsis
Rejeté depuis longtemps par sa fille, l'entraîneur Frankie Dunn s'est replié sur lui-même et vit dans un désert affectif, en évitant toute relation qui pourrait accroître sa douleur et sa culpabilité.
Le jour où Maggie Fitzgerald, 31 ans, pousse la porte de son gymnase à la recherche d'un coach, elle n'amène pas seulement avec elle sa jeunesse et sa force, mais aussi une histoire jalonnée d'épreuves et une exigence, vitale et urgente : monter sur le ring, entraînée par Frankie, et enfin concrétiser le rêve d'une vie.
Après avoir repoussé plusieurs fois sa demande, Frankie se laisse convaincre par l'inflexible détermination de la jeune femme. Une relation mouvementée, tour à tour stimulante et exaspérante, se noue entre eux, au fil de laquelle Maggie et l'entraîneur se découvrent une communauté d'esprit et une complicité inattendues...
Avis
Des films de boxe, il y en a eu : des bons (Raging bull) et des moins bons (Ali). Million dollar baby n'en est pas un. Ou plutôt le sujet de la boxe sert de tremplin à Clint Eastwood pour s'envoler bien au-delà du ring, au coeur d'un combat bien plus profond que celui de Rocky ou autres... Les acteurs sont très justes et contribuent à ce déluge d'émotion. Le film est ciselé comme un diamant et il est bien difficile d'y déceler la moindre impureté. La mise en scène est remarquable de maîtrise, de simplicité, d'efficacité et de justesse. Même l'éclairage et la musique ( réalisée par les soins d'Eastwood, et oui !) ne sont pas laissés au hasard. Les Oscars ne s'y sont pas trompés en lui accordant 4 statuettes. Pourtant, durant la première partie du film, rien ne laisse soupçonner que l'on va finir par s'évader derrière les cordes. Million dollar baby s'installe sur l'écran comme une histoire de boxe assez classique. C'est plutôt réussit dans son genre, mais pas de quoi pour le moment rafler quatre oscars... On suit certes avec fascination l'ascension quasi-épique de notre boxeuse, mais rien d'exceptionnel là-dedans: on croit alors à un banal film de boxe, seulement mieux réussit que la plupart de ses prédécesseurs. C'est sous-estimer Maître Eastwood. Car cette première partie qui traîne un peu en longueur, volontairement peut être, ne sert qu'à rendre le drame encore plus violent. C'est à ce moment-là que commence à se dérouler devant nos yeux une deuxième partie qui n'a rien à voir avec la première: d'une intensité, d'une profondeur et d'une puissance émotionnelle rare; plus un gant de boxe à l'horizon; place au talent le plus profond, le plus inconnu de Clint Eastwood. Ce septuagénaire, incarnation de l'expérience dans la réalité comme dans le film, nous livre alors une véritable définition du cinéma. La relation entre Frankie et Maggie est un modèle de finesse qu'Eastwood façonne loin des clichés, par petites touches délicates. Hilary Swank est impressionnante d'intensité, quand on pense qu'elle s'était faire virer de Berverly hills car elle n'était « pas bonne actrice » et là voilà lauréate à trente ans de deux oscars de la meilleure actrice, on s'inclinent s'il vous plaît. Morgan Freeman, génial en ex-boxeur narrateur, a rarement été aussi bon depuis Seven. Clint Eastwood quant à lui est tout simplement indescriptible. Ce film sonne juste. Une vraie leçon de vie ! On sort de ce chef-d'œuvre remué comme jamais. C'est sûr, en passant par le ring Clint a frappé un très gros coup et met tout le monde KO...A quand le prochain round M. Eastwood ?!